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		<title>Rencontres au centre de tri (1998)</title>
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		<description>Rencontres au centre de tri &lt;br /&gt;A la faveur d'un mouvement qui se poursuit depuis la mi-janvier, des individus se sont regroup&#233;s et on commenc&#233; &#224; se parler comme ils l'entendaient. Si la volont&#233; de ma&#238;triser collectivement leurs propres moyen d'expression s'est impos&#233;e d'embl&#233;e, celle de se coordonner librement a suivie tout naturellement. Des contacts se sont nou&#233;s &#224; travers tout le pays au gr&#232;s des d&#233;placements ou des connaissances de chacun. En plus des rencontres directes, la question s'est (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Rencontres au centre de tri&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A la faveur d'un mouvement qui se poursuit depuis la mi-janvier, des individus se sont regroup&#233;s et on commenc&#233; &#224; se parler comme ils l'entendaient. Si la volont&#233; de ma&#238;triser collectivement leurs propres moyen d'expression s'est impos&#233;e d'embl&#233;e, celle de se coordonner librement a suivie tout naturellement. Des contacts se sont nou&#233;s &#224; travers tout le pays au gr&#232;s des d&#233;placements ou des connaissances de chacun. En plus des rencontres directes, la question s'est pos&#233;e de cr&#233;er des liens de collectif &#224; collectif sans hi&#233;rarchie ni centralisation. D'abord r&#233;gionales comme celles de Quimper en Bretagne ou de Toulouse dans le Sud-Ouest, des coordinations se sont mises en place pour r&#233;fl&#233;chir et agir ensemble. La coordination nationale qui s'est d&#233;roul&#233;e &#224; Nantes les 19 et 20 f&#233;vrier a retenu le 10 mars comme journ&#233;e d'action sur le th&#232;me du travail, et a convenu d'une &#171; journ&#233;e-courrier &#187; pour permettre aux diff&#233;rents groupes de s'informer mutuellement plut&#244;t que de d&#233;pendre de l'information officielle. A l'assembl&#233;e de Jussieu a germ&#233; l'id&#233;e de confectionner nos propres timbres &#171; Ch&#244;meurs affranchis - Communications libres &#187; et d'amener notre courrier ainsi timbr&#233; dans un centre de tri en sollicitant du personnel un geste de sympathie active.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce mardi 17 mars, devant le centre de tri nous sommes 25, charg&#233;s d'une cinquantaine d'enve-loppes bien garnies (des tracts, des compte rendus de discussion sur le travail et plusieurs exemplaires de nos timbres). Lorsque nous p&#233;n&#233;trons dans les lieux par le parking du sous-sol, l'heure de pointe approche pour les postiers. Nous nous rendons par petits groupes aux diff&#233;rents postes de travail en distribuant un tract qui expose qui nous sommes et ce que nous faisons. Notre pr&#233;sence est bien accueillie et le tract lu avec curiosit&#233;. Mais c'est principalement de vive voix que nous parvenons &#224;&quot; expliquer nos raisons et ce &#224; quoi nous convions tous et chacun : qu'ils relaient notre initiative avec les moyens &#224; leur disposition dans leur lieu de travail. , Nos interlocuteurs, &#224; qui nous pr&#233;cisons que nos courriers s'adressent tous &#224; des collectifs de ch&#244;-meurs, d&#233;couvrent nos timbres avec amusement. Beaucoup d&#233;clarent comprendre notre d&#233;marche, et cer tains l'approuvent explicitement. Pour d'autres ce n'est pas la bonne m&#233;thode. Selon eux mieux vaut . s'adresser directement &#224; l'administration g&#233;n&#233;rale de la Poste pour obtenir une d&#233;rogation. Op&#233;ration qui demanderait au bas mot quelques mois ... sans garantie de succ&#232;s bien s&#251;r. Nous indiquons pourquoi nous pr&#233;f&#233;rons proc&#233;der &#224; notre mani&#232;re, sans attendre l'assentiment d'une haute direction. Mais ceux des employ&#233;s qui y sont favorables expliquent la difficult&#233; pour eux d'y r&#233;pond concr&#232;tement. L&#224;, comme dans toute entreprise moderne, le contr&#244;le et la surveillance sont int&#233;gr&#233;s, &#224; toutes les &#233;tapes de l'activit&#233;. Dans le cas pr&#233;sent, nos envois doivent &#234;tre trait&#233;s manuellement ils sont trop &#233;pais pour passer dans l'affranchisseuse automatique. L'employ&#233; qui balance les coups de tampons affranchit une premi&#232;re enveloppe, mais nous fait comprendre qu'il peut difficilement laisser passer 47 sans les surtaxer ; ou sans que l'administration sache qui est l'auteur de cet oubli. le tampon utilis&#233; d&#233;signe qui occupe le poste ce jour-l&#224; &#224; cette heure-l&#224;. Il faut donc s'adresser au responsable sur place. Celui-ci ne voit aucun inconv&#233;nient &#224; acheminer notre courrier. Rien ne s'y oppose d'ailleurs : tout courrier envoy&#233; doit &#234;tre achemin&#233;, au risque d'&#234;tre tax&#233; aussi bien au bureau d&#233;part qu'&#224; celui du destinataire. S'ensuit une discussion o&#249; nous lui expliquons que nous n'ignorons rien de tout cela et que nous sommes d&#233;cid&#233;s &#224; courir ce risque en tablant sur une &#171; inadvertance volontaire &#187; de leur part - inadvertance qui pourrait &#233;ventuellement se reproduire au bureau dis buteur. L'id&#233;e le laisse perplexe. Pourtant on devine qu'il n'y est pas hostile. Une autre discussion s'est engag&#233;e avec le directeur du centre qui nous a rejoints. Il prend connaissance de la situation et propose de faire les choses dans les r&#232;gles en affranchissant gratuitement courrier. Mais un autre responsable du tri estime qu'il faut en r&#233;f&#233;rer &#224; la hi&#233;rarchie, &#224; savoir le responsable en chef du secteur. Ille contacte par t&#233;l&#233;phone et lui rend compte de la situation. Les choses tra&#238;nent en longueur. Nous en profitons pour poursuivre les discussions entam&#233;es avec les employ&#233;s Pendant ce temps plusieurs d'entre nous montent au rez-de-chauss&#233;e et bavardent avec les employ&#233;s la distribution, et notamment avec ceux en charge du casier de la rue de Bagnolet. L&#224; aussi dam semble l'accueil est chaleureux. Des postiers prennent note de l'adresse des Ch&#244;meurs Heureux et gagent &#224; y faire suivre le courrier qui nous sera destin&#233; sans faire payer aucune taxe. Au sous-sol cinq d'entre nous sont finalement invit&#233;s &#224; palabrer dans le bureau du grand chef en compagnie des responsables du tri. Il s'av&#232;re que tout le monde veut &#234;tre bienveillant &#224; l'&#233;gard de notre initiative, mais personne ne tient &#224; affranchir notre courrier pour ne pas cr&#233;er de pr&#233;c&#233;dent. Nous &#224; nouveau expliquer que nous n'avons pas forc&#233;ment besoin d'affranchissement : nous ne sommet' venus n&#233;gocier mais rencontrer les employ&#233;s du tri et discuter avec eux de la possibilit&#233; de communiquer librement avec nos amis de province ; si notre courrier peut &#234;tre frapp&#233; d'une surtaxe aussi bien ici qu'au bureau distributeur, pourquoi ne pas en laisser la charge au bureau distributeur ; nous parions sur la compr&#233;hension des employ&#233;s qui auront ces lettres dans les mains pour qu'elles ne soient pas tax&#233;es ; et au pire nous pensons que ce sera l'occasion pour nos amis de province de faire une d&#233;marche aupr&#232;s de leur poste pour obtenir de ne pas payer cette taxe. Un de nos interlocuteurs r&#233;pond que nous ne pourrons obtenir aucune r&#233;ponse officielle tout en laissant entendre &#224; demi-mot qu'il y aurait peut-&#234;tre moyen que ... Nous n'en saurons pas plus, mais nous comprenons que nos lettres ont de bonnes chances de par-tir du centre de tri affranchies avec nos timbres et sans mention visible de surtaxe. Nous d&#233;cidons de quitter les lieux sur cet accord tacite en saluant tout le monde. Au moment de par-tir un employ&#233; nous invite &#224; repasser quand nous le voudrons ... L'int&#233;r&#234;t d'une telle action &#233;tait double. Non seulement il s'agissait de faire parvenir le courrier &#224; nos correspondants en apposant ouvertement des timbres de notre fabrication, mais de r&#233;ussir &#224; le faire avec le concours plus ou moins actif des gens qui bossaient dans ce centre de tri. Plut&#244;t qu'une simple d&#233;cla-ration de principe, comme c'est souvent le cas lors d'un appel &#224; la solidarit&#233;, nous parions sur une conni-vence pratique de leur part. De plus, cette initiative est porteuse d'une id&#233;e dont peuvent se ressaisir nos correspondants. Elle n'exige pas de gros moyens et peut se propager d'elle-m&#234;me en faisant boule de neIge. Nos envois sont parvenus sans encombre aux collectifs de Thouars et de Clermont. Celui de Guingamp n'a jamais re&#231;u notre courrier. Celui de Strasbourg a d&#251; r&#233;gler une surtaxe de 7,50 E A Nantes, le Collectif des ch&#244;meurs actifs et solidaires (CCAS) a re&#231;u notre envoi sans aucune surtaxe et avec les timbres. Le 24 mars, ils obtenaient du directeur de la post&#8364; ! centrale l'affranchissement gratuit de 51 courriers destin&#233;s &#224; autant de collectifs. Le 16 avril, ils r&#233;&#233;ditaient l'op&#233;ration, mais cette fois au centre de tri et en apposant des copies de timbres que nous leur avions adress&#233;s accompagn&#233; d'un tract &quot;Comme une lettre &#224; la poste&quot; inspir&#233; de celui de Paris. Ce qui pr&#233;c&#232;de est seulement une indication puis-qu'on ignore pr&#233;cis&#233;ment quels sont les courriers arriv&#233;s &#224; bon port et ceux retenus en cours de route ou &#224; la poste de destination.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;le 17 mars 1998&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LES CH&#212;MEURS VOUS PARLENT (1998)</title>
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		<description>LES CH&#212;MEURS VOUS PARLENT &lt;br /&gt;S'il fallait s'&#233;tonner de quelque chose, plus que de notre pr&#233;sence aujourd'hui &#224; l'I.N.S.E.E., ce serait de ce que nous n'ayons pas song&#233; plu t&#244;t &#224; vous rendre visite. Les motifs, en effet ne manquent pas. Le louable et notoire effort de falsifier les chiffres du ch&#244;mage, auquel l'I.N.S.E.E. sacrifie avec une si belle constance, nous appelait d&#233;j&#224; &#224; venir confesser sur place tous ceux pour qui le mensonge corrig&#233; des variations saisonni&#232;res est une profession. (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;LES CH&#212;MEURS VOUS PARLENT&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;S'il fallait s'&#233;tonner de quelque chose, plus que de notre pr&#233;sence aujourd'hui &#224; l'I.N.S.E.E., ce serait de ce que nous n'ayons pas song&#233; plu t&#244;t &#224; vous rendre visite. Les motifs, en effet ne manquent pas. Le louable et notoire effort de falsifier les chiffres du ch&#244;mage, auquel l'I.N.S.E.E. sacrifie avec une si belle constance, nous appelait d&#233;j&#224; &#224; venir confesser sur place tous ceux pour qui le mensonge corrig&#233; des variations saisonni&#232;res est une profession. Nous ne pouvons laisser impunie l'insolence de ces sp&#233;cialistes-l&#224;, qui parlent de nous sans nous conna&#238;tre et ont, en v&#233;rit&#233;, du fond de leur bureau, si peur de nous rencontrer. Voyez, donc, nous faisons les premiers pas !&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais l'&#233;vidence de ce premier motif pourrait bien le faire passer pour superficiel. Le second, plus profond, tient au principe m&#234;me des statistiques et du sondage. Ils sont de nos jours l'un des plus puissants instruments de domination et de contr&#244;le social. Si le ma&#238;tre d'une soci&#233;t&#233; est celui qui d&#233;tient la repr&#233;sentation qu'elle se fait d'elle-m&#234;me, alors l'I.N.S.E.E. est dans les mains du pouvoir le plus z&#233;l&#233;, le plus efficace des serviteurs. C'est elle, en effet, qui cr&#233;e de toutes pi&#232;ces, et selon des int&#233;r&#234;ts que l'on devine sans peine, la fausse conscience que cette soci&#233;t&#233; se donne d'elle-m&#234;me, et qui s'&#233;talera par la suite dans les pleines pages de la connerie journalistique. C'est elle qui remplit de nombres des concepts vides, for&#231;ant ainsi l'assentiment &#224; l'ignominie de la soci&#233;t&#233; marchande, dont elle n'a jamais cess&#233; de parler le langage. Mais elle est surtout le symbole actif de la meurtri&#232;re quantification de la vie qui est aujourd'hui &#224; l'&#339;uvre. Le langage chiffr&#233; de la domination moderne contient tout l'impudent arbitraire de ceux qui, agissant dans le secret, croient pouvoir ne rendre de comptes &#224; personne. Le sondage tient opportun&#233;ment lieu de d&#233;bat r&#233;el ; l'horreur sans borne de l'exclusion appara&#238;tra toujours mod&#233;r&#233;e dans les colonnes de chiffres ; on pourra toujours faire taire la v&#233;rit&#233; par des enqu&#234;tes, il suffit pour cela de savoir poser les mauvaises questions.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Mais nous venons aujourd'hui en personne pour rencontrer les hommes de l'I.N.S.E.E. en personne. S'il n'y a rien &#224; attendre de l'institution, qui doit &#234;tre d&#233;truite, il n'en va pas de m&#234;me de ceux qui la composent : eux sont susceptibles de conscience. Ils peuvent reconna&#238;tre la fonction sociale qu'on leur fait remplir, qui fait d'eux les tristes valets de l'oppression. Ils peuvent encore reconna&#238;tre leur mis&#232;re de statisticien : leur bureau d&#233;sol&#233; au bout d'un couloir d'h&#244;pital o&#249; ils perdent leur vie dans la compagnie muette des bruits blancs, d'espaces vectoriels, de moyennes mobiles, d'&#233;carts types, &#224; un travail sans joie et sans utilit&#233;. Ils sauront, lorsqu'ils auront vu cela, leur v&#233;rit&#233; de parasites, d'hommes amoindris, de bourreau victimes d'eux-m&#234;me. Alors peut-&#234;tre partageront-ils avec nous le d&#233;go&#251;t qu'ils nous inspirent, eux comme le monde qu'ils b&#226;tissent sans rel&#226;che. Peut-&#234;tre m&#234;me nous rejoindront-ils. Ils seront les bienvenus, avec armes et bagages.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e chaque jour (sauf le week-end) &#224; l'universit&#233; de Jussieu &#224; partir de 18h (1998)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



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		<title>Comme une lettre &#224; la poste... (1998)</title>
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		<description>Comme une lettre &#224; la poste &lt;br /&gt;Il se passe quelque chose de pas ordinaire dans ce pays. Si peu ordinaire que les m&#233;dias, les politiques, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de faire silence sur ces &#233;v&#233;nements... Voil&#224; en effet deux mois et demi que Jospin a oppos&#233; un refus cat&#233;gorique aux revendications des ch&#244;meurs, que les syndicats et associations officiels leur ont recommand&#233; de rentrer chez eux, que la presse les ignore presque totalement, que la police les r&#233;prime, parfois seulement pour de banales (...)


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&lt;a href="http://www.lavienestpasun.com/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;AG de Jussieu, mouvement des ch&#244;meurs...&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme une lettre &#224; la poste&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il se passe quelque chose de pas ordinaire dans ce pays. Si peu ordinaire que les m&#233;dias, les politiques, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de faire silence sur ces &#233;v&#233;nements... Voil&#224; en effet deux mois et demi que Jospin a oppos&#233; un refus cat&#233;gorique aux revendications des ch&#244;meurs, que les syndicats et associations officiels leur ont recommand&#233; de rentrer chez eux, que la presse les ignore presque totalement, que la police les r&#233;prime, parfois seulement pour de banales diffusions de tracts...
Pourtant, presque partout dans ce pays, des individus se sont regroup&#233;s en bandes, en collectifs, en assembl&#233;es, et ont commenc&#233; &#224; se parler comme ils l'entendaient, directement, librement.
Nous sommes de ceux qui participent &#224; l'assembl&#233;e de Jussieu. Voil&#224; deux mois que se tient tous les soirs une sorte de forum permanent qui invente lui-m&#234;me les conditions de sa continuation... On s'y parle et surtout on s'y &#233;coute. C'est ainsi que s'y m&#234;lent et s'y entendent des ch&#244;meurs, des pr&#233;caires et leurs camarades.
On &#233;crit des textes, des tracts, mais surtout, privil&#233;giant la relation directe, on s'invite dans les cantines d'entreprise pour aller discuter avec les salari&#233;s, on occupe des lieux de toutes sortes (ANPE, CAF, agences EDF, Compagnie de l'eau, journaux, restaurants, etc.) pour dire &#224; tous ce qu'on se dit en assembl&#233;e...
Nous faisons appel &#224; la complicit&#233; de ceux que nous rencontrons pour photocopier nos textes, nous inviter &#224; leur cantine et faciliter nos transports. C'est ainsi qu'aujourd'hui nous venons dans votre centre de tri pour vous rencontrer, discuter de ce que nous pouvons avoir en commun et vous demander de nous donner la possibilit&#233; de communiquer avec nos amis de province.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i class=&quot;spip&quot;&gt;La premi&#232;re id&#233;e qui nous est venue lors de la visite au centre de tri de La Chapelle, c'est que nous aurions besoin, un jour, de savoir utiliser ces machines qui trient le courrier. Pendant que certains nous expliquaient qu'ils se feraient un plaisir de nous l'apprendre, et que cela ne prendrait gu&#232;re qu'une semaine, une fille post&#233;e au d&#233;chargement des paniers nous raconta que le tri manuel &#233;tait certes p&#233;nible, mais qu'il avait l'avantage d'&#234;tre effectu&#233; avec les autres et que l'on pouvait parler. Maintenant elle est seule devant cette &#233;norme trieuse qui traite un courrier dont 95% provient des entreprises et de l'administration...
Tenant compte du fait que dans un monde sens&#233; cette paperasse serait parfaitement inutile, que c'&#233;tait elle qui avait conduit &#224; la n&#233;cessit&#233; des machines, nous avons conclu que pour les 5% du courrier restant (cartes postales, lettres d'amour ou d'insultes...) les machines seraient finalement parfaitement superflues.&lt;/i&gt; &#187;
Extrait du r&#233;cit de la balade du vendredi 23 janvier&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NOUS CONVIONS CHACUN A L'ASSEMBLEE QUI SE TIENT TOUS LES JOURS (SAUF LES OUICAINDES) A 18h, A L'UNIVERSITE DE JUSSIEU, DANS UN AMPHI INDIQUE A L'ENTREE.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paris, rencontres au centre de tri, le 17 mars 1998&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Toujours au turbin (1998)</title>
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		<description>Toujours au turbin Du soir au matin Moi j'en ai marre Ce qu'il y a d'ignoble dans le turbin n'est pas l'activit&#233; en elle-m&#234;me. Que celle-ci soit per&#231;ue, v&#233;cue ou pr&#233;sent&#233;e comme int&#233;ressante, r&#233;mun&#233;ratrice, fastidieuse, utile, commode, passionnante, p&#233;nible, etc., est indiff&#233;rent. Non, ce qu'il y a de r&#233;pugnant dans le travail c'est le labeur, activit&#233; d&#233;pourvue de pens&#233;e propre, command&#233;e par la pens&#233;e d'un autre ou par une chose. Le travail d&#233;finit toute activit&#233; s&#233;par&#233;e de sa (...)

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&lt;a href="http://www.lavienestpasun.com/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;AG de Jussieu, mouvement des ch&#244;meurs...&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Toujours au turbin Du soir au matin Moi j'en ai marre&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Ce qu'il y a d'ignoble dans le turbin n'est pas l'activit&#233; en elle-m&#234;me. Que celle-ci soit per&#231;ue, v&#233;cue ou pr&#233;sent&#233;e comme int&#233;ressante, r&#233;mun&#233;ratrice, fastidieuse, utile, commode, passionnante, p&#233;nible, etc., est indiff&#233;rent. Non, ce qu'il y a de r&#233;pugnant dans le travail c'est le labeur, activit&#233; d&#233;pourvue de pens&#233;e propre, command&#233;e par la pens&#233;e d'un autre ou par une chose. Le travail d&#233;finit toute activit&#233; s&#233;par&#233;e de sa pens&#233;e. Il est tout &#224; fait restrictif d'appeler travail toute activit&#233; correspondant &#224; un salaire. Le salariat n'est qu'une figure du travail, moderne et puissante mais ni unique ni exclusive. Le servage f&#233;odal, l'escla-vage antique n'ont rien &#224; voir avec le salaire, sinon de fa&#231;on purement accessoire. L&#224; aussi pourtant le travail se d&#233;finit par une activit&#233; born&#233;e &#224; elle-m&#234;me. A vrai dire born&#233;e par la pens&#233;e du ma&#238;tre. Seule compte cette d&#233;pendance &#224; un ma&#238;tre, &#224; sa pens&#233;e ; pour lui, le travail est toujours celui des autres. Ce qui change dans le salariat c'est l'aiguillon de l'argent. Avec l'argent du salaire, non seulement l'exploitation du travail d'autrui progresse de fa&#231;on exponentielle, mais le z&#232;le au travail ne conna&#238;t plus de borne car l'argent est exaltant. Plus excitant que tous les bobards &#233;conomiques, plus entra&#238;nant que le fouet, l'argent exalte la soif de richesse et la d&#233;&#231;oit r&#233;guli&#232;rement. Au knout du ma&#238;tre, &#224; la menace de mort ou de faim, qui faisaient travailler l'esclave, a succ&#233;d&#233; l'argent, puissance sociale par excellence. De m&#234;me que la d&#233;pendance au ma&#238;tre antique d&#233;finissait l'esclave de jadis, la d&#233;pendance &#224; l'argent d&#233;finit l'esclave d'aujourd'hui. Cette d&#233;pendance de nos jours ne s'exerce plus exclusivement dans la sph&#232;re du travail propre-ment dite. On travaille beaucoup dans les soci&#233;t&#233;s marchandes, m&#234;me si l'on est au ch&#244;mage. Cette inactivit&#233; forc&#233;e &#224; laquelle sont r&#233;duit nombre d'individus n'est en rien lib&#233;r&#233;e du travail salari&#233; car elle en d&#233;pend directement. Elle est visiblement un r&#233;sultat n&#233;cessaire de la logique marchande, et pas seulement le produit d'une strat&#233;gie visant &#224; maintenir &#224; flot une arm&#233;e de r&#233;serve industrielle. Au travail, qui fut une sorte de police de la pens&#233;e, s'ajoute &#224; notre &#233;poque l'absence de travail, qui joue le m&#234;me r&#244;le, en plus accentu&#233;. Certains esclaves modernes sont contraints de ne pas travailler tout comme leurs a&#239;euls l'&#233;taient de travailler. Et dans les deux cas, c'est une m&#234;me d&#233;possession. Les uns comme les autres sont d&#233;poss&#233;d&#233;s de leur qualit&#233; d'&#234;tres humains, de la pens&#233;e de l'activit&#233; sociale -celle-l&#224; m&#234;me qui fa&#231;onne la soci&#233;t&#233; et les rapports qu'entretiennent les gens entre eux. Cette pens&#233;e, qui d&#233;cide de tout, pouvait &#234;tre celle de Dieu, du Prince ou de l'Etat. Elle a pu appar-tenir &#224; une aristocratie guerri&#232;re, politique ou marchande. A notre &#233;poque et dans le monde occidenta-lis&#233;, elle appartient &#224; l'argent. Elle est devenue si impersonnelle, elle nous est si &#233;trang&#232;re, qu'il para&#238;t incongru de parler de capitalistes ou de commer&#231;ants. Pourtant c'est bien leur pens&#233;e, leur fa&#231;on d'en-visager les choses, qui commande pratiquement toute l'activit&#233; sociale dans &quot;notre&quot; monde. Aujour-d'hui la pens&#233;e Bill Gates, Rank Xerox ou Bouygues fait de ce monde ce qu'il est. Ils d&#233;tiennent concurremment une part de la puissance sociale, comme ma&#238;tre du capital ou du commerce. Mais ces ma&#238;tres sont aussi d&#233;nu&#233;s d'humanit&#233; que les esclaves. Ils sont tout autant priv&#233;s par l'argent de qualit&#233;s personnelles. L'argent ne d&#233;veloppe aucune qualit&#233; et inversement il n'en r&#233;clame aucune. Il les a toutes. D'une certaine mani&#232;re les ma&#238;tres commer&#231;ants sol&lt;/i&gt;l : aussi dans un rapport de d&#233;pen-dance avec la pens&#233;e de l'argent. Ils sont seulement les pr&#234;tres inspir&#233;s de cette pens&#233;e. L'argent est la pens&#233;e du commerce &#224; l'&#339;uvre partout dans le monde, qui op&#232;re comme pure n&#233;cessit&#233;, m&#234;me pour les commer&#231;ants. Seulement pour eux la pens&#233;e de l'argent est r&#233;ellement dou&#233;e d'effets. Elle se trouve au d&#233;part de l'activit&#233; dont elle est le moteur puissant et le but d&#233;clar&#233;, et &#224; la fin de l'activit&#233; comme r&#233;sultat. Dans le commerce, la pens&#233;e de l'argent rejoint la pens&#233;e de l'argent. En d&#233;pit des apparences, la richesse ne r&#233;side pas dans une plus ou moins grande abondance de biens mat&#233;riels, elle consiste en une activit&#233; sociale conforme &#224; sa pens&#233;e et qui rejoint sa pens&#233;e. C'est si vrai qu'il suffit de constater que le ma&#238;tre d'antan ou le riche de nos jours pense l'activit&#233; - il divise, organise, supprime le travail des autres - alors que l'esclave travaille, ex&#233;cute une activit&#233; qui n'est pas le fruit de sa pens&#233;e. Il peut l'int&#233;rioriser, comme l'intendant du domaine antique ou le cadre de l'entreprise moderne, elle n'en demeure pas moins ext&#233;rieure, source et r&#233;sultat de la domination exerc&#233;e par l'un sur l'autre. Le travail consiste en une activit&#233; sociale qui ne rejoint jamais sa pens&#233;e sinon comme abstraction. On comprend ainsi que nombre de dissidences sociales sont d'abord une dissidence dans la pens&#233;e et dans les m&#339;urs. &quot;Partager des richesses&quot; revient &#224; partager l'activit&#233; sociale.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale tous les jours &#224; Jussieu 1 8 H (sauf le week-end)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Paris, envoy&#233; par l'op&#233;ration postale du 17 mars 1998&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comit&#233; de balade du Vendredi 30 Janvier 1998</title>
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		<description>R&#233;cit &#224; deux voix de la balade du vendredi 30 janvier 1998... Ce que le journal Le Monde ne racontera jamais &lt;br /&gt;Il ne fait pas chaud ce matin, sur la dalle froide et glissante du parvis de Jussieu. Cette saloperie de courant d'air froid, cr&#233;ation des architectes destructeurs de la Halle aux vins, balaye en permanence chaque endroit rendant tout rassemblement inconfortable. Mais le plaisir d'exp&#233;rimenter les complicit&#233;s naissantes de l'assembl&#233;e est plus fort, bient&#244;t nous sommes une (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;cit &#224; deux voix de la balade du vendredi 30 janvier 1998...
Ce que le journal Le Monde ne racontera jamais&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne fait pas chaud ce matin, sur la dalle froide et glissante du parvis de Jussieu. Cette saloperie de courant d'air froid, cr&#233;ation des architectes destructeurs de la Halle aux vins, balaye en permanence chaque endroit rendant tout rassemblement inconfortable. Mais le plaisir d'exp&#233;rimenter les complicit&#233;s naissantes de l'assembl&#233;e est plus fort, bient&#244;t nous sommes une soixantaine, nous partons en balade...
Premi&#232;re &#233;tape : on s'invite &#224; d&#233;jeuner &#224; la cantine du Monde. Les poulets ne nous l&#226;chent pas, ils sont derri&#232;re... Mais ceux qui nous int&#233;ressent sont devant, accompagn&#233;s de leur garniture, et l'entr&#233;e se fait sans difficult&#233;s. Le r&#233;fectoire du Monde est &#224; l'image de celui-ci : une ambiance feutr&#233;e, des tables isol&#233;es entre elles par des sortes de paravents, un espace qui limite la rencontre &#224; l'intimit&#233; de quelques un. Pas tr&#232;s propice &#224; notre envie de rencontrer les salari&#233;s... Pourtant quelques conversations s'engagent.
L&#224;, comme dans toutes les entreprises o&#249; nous nous sommes invit&#233;s, nous ressentons encore cette peur qu'ont int&#233;gr&#233;e tant de salari&#233;s : la peur de perdre son emploi, la peur de se distinguer de l'autre. Edwy Plenel aura beau un peu plus tard, essayer de nous faire croire que Le Monde est le journal le plus libre du monde, ses salari&#233; nous le d&#233;mentent : une majorit&#233; nous t&#233;moigne de la sympathie, mais en priv&#233;, presque &#224; l'oreille quelque fois. Il en faudra des rencontres, des bavardages, et plus encore pour d&#233;passer ces murs qui nous s&#233;parent de nous-m&#234;me, de nos semblables.
Ceux qui dominent savent bien que le danger r&#233;el pour eux, c'est que nous, les domin&#233;s, nous mettions &#224; parler librement. Et c'est le premi&#232;re man&#339;uvre que joue Pl&#233;nel, cet ancien chef trotskyste devenu chef d'entreprise. Il va tenter, avec l'appui peu efficace de quelques d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux, de transformer ce que nous voulions &#234;tre une rencontre d'&#234;tres humains, en une n&#233;gociation entre d&#233;l&#233;gu&#233;s du journal et d&#233;l&#233;gu&#233;s des &#171; ch&#244;meurs &#187;... Au contraire, nous voulons sortir de ces cadres qui nous enferment dans des cat&#233;gories en lesquelles nous ne nous reconnaissons pas et qui transforment les conversations en parlementassions diplomatico-syndicales. Nous volons parler directement.
Pl&#233;nel nous pi&#232;ge malgr&#233; tout un peu : alors qu'invit&#233;s par bien des salari&#233;s &#224; venir discuter autour d'un caf&#233;, il nous interdit l'acc&#232;s &#224; la caf&#233;t&#233;ria et r&#233;ussit &#224; nous enfermer dans une salle des plus glauques, bien d&#233;cid&#233; &#224; jouer le pr&#233;sident de s&#233;ance.
Nous avons ensuite regrett&#233; de ne pas lui avoir simplement tourn&#233; le dos, pour s'adresser tous &#224; tous. Au lieu de cela, nous nous sommes laiss&#233;s aller &#224; la focalisation d'un d&#233;bat entre nous et lui (presque) tout seul.
A notre m&#233;rite quand m&#234;me, Pl&#233;nel n'en est pas sorti intact... Bien des silences &#224; nos questions et &#224; nos r&#233;flexions de la part de ce &#171; nouveau chien de garde &#187;. Les ricanements m&#234;me, parfois, de ses coll&#232;gues, quand par exemple nous lui avons fait remarquer qu'il &#233;tait curieux que &#171; le journal le plus libre du monde &#187; ne veuille accorder une page aux ch&#244;meurs alors que Rh&#244;ne-Poulenc ou Auchan en obtenaient autant que voulues... en payant quelques centaines de milliers de francs. Voil&#224; le secret de polichinelle de la libert&#233; d'expression en d&#233;mocratie : celui qui paye peut se faire entendre... a ce moment, les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux examinaient le bout de leurs chaussures !
Les m&#234;mes, avec Plenel n'ont cess&#233; de ramener le d&#233;bat que nous voulions &#233;baucher sur le travail salari&#233;, &#224; la question des 35 heures, se montrant l&#224; clairement dans leur r&#244;le de man&#339;uvrier au service du gouvernement Jospin. C'est encore le bout de leurs Weston qu'ils regardaient quand nombre de nos voix ont d&#233;nonc&#233; la manipulation et l'illusion des 35 heures . Dans les coins, &#224; l'abri des oreilles flicardes de leur encadrement, certains comprenaient cependant fort bien que nous voulions travailler aucune heure &#224; produire la merde et l'inutile que cette soci&#233;t&#233; produit.
Lass&#233;s du cynisme de Pl&#233;nel, et de la timidit&#233; des autres, nous sommes partis &#224; la recherche de rencontres plus passionnantes, par petits groupes, au hasard des bistrots des alentours de M&#233;nilmontant... L&#224;, on a rencontr&#233; la curiosit&#233;, l'envie de savoir qui on &#233;tait, ce qu'on faisait, pourquoi l'on continuait &#224; bouillonner dans Paris...
Des verres offerts, des reconnaissances qui surgissent, des complicit&#233;s d'un moment... Des questionnements communs, des discussions qui s'esquissent... On diffuse quelques tracts avec toujours une invitation &#224; participer &#224; l'assembl&#233;e-forum de Jussieu.
L'heure de l'A.G. approche d'ailleurs et c'est aussi celle de l'ap&#233;ro ! Courir, parler, &#231;a donne soif, alors quel agr&#233;ment de croiser sur notre chemin quelques marchands se laissant enseigner la g&#233;n&#233;rosit&#233; v&#233;ritable, celle qui ne compte pas... Et d'ailleurs qui se souviendrait du nombre de verres que l'on a bu ensemble ce soir l&#224;, quand tous se rem&#233;morent le plaisir de m&#234;ler l'excitation des papilles gustatives &#224; celle du libre bavardage.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comit&#233; de balade du Vendredi 30 Janvier 1998&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Manuscrit &#224; l'origine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comit&#233; ballade du vendredi 23 janvier 1998</title>
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		<description>R&#233;cit d'une journ&#233;e du comit&#233; de balade constitu&#233; par une assembl&#233;e de gens r&#233;unis &#224; l'universit&#233; Jussieu le vendredi 23 janvier 1998 &lt;br /&gt;Nous sommes d'abord all&#233;s aux Beaux-Arts perturber le d&#233;fil&#233; de mode Lanvin, dire &#224; ces voleurs que le lieu qu'ils utilisaient nous appartenait. La direction de l'institution de l'&#201;cole Nationale des Beaux-Arts vend pour son propre compte le patrimoine architectural d'une &#233;poque r&#233;volue, &#224; quelques grotesques marchands de mode et &#224; leur public. Ces gens l&#224; (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;cit d'une journ&#233;e du comit&#233; de balade constitu&#233; par une assembl&#233;e de gens r&#233;unis &#224; l'universit&#233; Jussieu le vendredi 23 janvier 1998&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Nous sommes d'abord all&#233;s aux Beaux-Arts perturber le d&#233;fil&#233; de mode Lanvin, dire &#224; ces voleurs que le lieu qu'ils utilisaient nous appartenait. La direction de l'institution de l'&#201;cole Nationale des Beaux-Arts vend pour son propre compte le patrimoine architectural d'une &#233;poque r&#233;volue, &#224; quelques grotesques marchands de mode et &#224; leur public. Ces gens l&#224; doivent commencer &#224; apprendre qu'il n'est peut-&#234;tre pas sans risques de venir montrer son cul dans des lieux qu'ils n'ont pas battis, habill&#233;s de v&#234;tements qu'ils n'ont pas confectionn&#233;s. Les sp&#233;culateurs d'aujourd'hui font construire des cit&#233;s et des autoroutes tandis que leurs femmes s'empressent &#224; des spectacles de mode, dans des d&#233;cors plus r&#233;jouissants que le cauchemar architectural dont-ils sont n&#233;cessairement les promoteurs. Leur richesse nous r&#233;pugne. &#171; Nous voulons tout mais pas &#231;a . &#187;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La premi&#232;re id&#233;e qui nous est venue lors de la visite au centre de tri de la chapelle, c'est que nous aurions besoin un jour, de savoir utiliser ces machines qui trient le courrier. Pendant que certains nous expliquaient qu'ils se feraient un plaisir de nous l'apprendre - et que cela ne prendrait gu&#232;re qu'une semaine, une fille post&#233;e au d&#233;chargement des paniers nous raconta que le tri manuel &#233;tait certes p&#233;nible mais qu'il avait l'avantage d'&#234;tre effectu&#233; avec les autres, et que l'on pouvait parler. Maintenant, elle est seule devant cette &#233;norme trieuse, qui traite un dont 95% vient des entreprises et de l'administration...
Tenant compte du fait que dans un monde sens&#233; cette paperasse serait parfaitement inutile, que c'&#233;tait elle qui avait conduit &#224; la n&#233;cessit&#233; des machines, nous avons conclu que pour les 5% du courrier restant - cartes postales, lettres d'amour ou d'insultes - les machines seraient finalement totalement superflues.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il ne faut pas confondre la g&#233;n&#233;rosit&#233; spontan&#233;e avec la g&#233;n&#233;rosit&#233; d'un commer&#231;ant accul&#233; dans un rapport de force, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que le comit&#233; balade du vendredi 23 janvier a permis &#224; quelques boutiquiers de d&#233;couvrir la saveur du don. Il leur reste n&#233;anmoins &#224; faire quelques progr&#232;s pour conna&#238;tre la saveur sup&#233;rieure du don sans effort, &#224; l'oppos&#233; d'un rapport de force.
Nous remercions cependant tous les &#233;piciers dont le hasard a voulu que ce jour-l&#224;, ils soient le contraire de ce qu'ils sont d'habitude - des gens qui donnent et non pas des gens qui prennent. Nous saluons &#233;galement les bienheureux donateurs du 24 janvier &#224; Pantin, et remercions par avance tous les prochains...
Post-Scriptum : La police travaille beaucoup - La police travaille trop. Au d&#233;but de la balade, certains d'entre nous et quelques passants ont &#233;t&#233; embarqu&#233;s pour d&#233;ambulation illicite et distribution de tracts. Ce m&#234;me jour, le centre EDF de Paris XVIIIe ainsi que des lieux occup&#233;s en province ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s par la police.
Au d&#233;but du mouvement nous avions remarqu&#233; que la m&#233;diatisation disproportionn&#233;es des &#233;v&#233;nements r&#233;v&#233;lait l'int&#233;r&#234;t du socialiste Jospin, du PCF, et des verts pour se trouver une base populaire &#224; leur projet de r&#233;forme du travail salari&#233; (35 heures pay&#233;es 35). Les patrons font semblant de ne pas comprendre le service que la gauche assume de leur rendre. Mais le mouvement actuel peut &#233;chapper &#224; son usage politique.
L'ECONOMIE SE PASSE DE NOUS - PASSONS-NOUS DE L'ECONOMIE.
Nous convions chacun &#224; se joindre &#224; l'assembl&#233;e qui se tient tous les jours (sauf sam. et dim.) &#224; 18h, dans un amphith&#233;&#226;tre de l'universit&#233; de Jussieu.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Manuscrit &#224; l'origine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>NOUS SOMMES TROP JEUNES... (1998)</title>
		<link>http://www.lavienestpasun.com/spip.php?article28</link>
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		<description>NOUS SOMMES TROP JEUNES, NOUS NE POUVONS PAS ATTENDRE &lt;br /&gt;Dans les discussions actuellement en cours sur le travail, il y a des banalit&#233;s de base qui ont &#233;t&#233; trop n&#233;glig&#233;es. On parle souvent d'abolition du travail, de r&#233;appropriation de nos vies et d'une activit&#233; humaine &#224; r&#233;inventer, mais on oublie un d&#233;tail : si nous sommes d'accord pour dire que le travail est un rapport social m&#233;diatis&#233; par le profit et que donc l'abolir signifie bouleverser toute la soci&#233;t&#233;, il faut bien r&#233;aliser qu'il y a (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NOUS SOMMES TROP JEUNES, NOUS NE POUVONS PAS ATTENDRE&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Dans les discussions actuellement en cours sur le travail, il y a des banalit&#233;s de base qui ont &#233;t&#233; trop n&#233;glig&#233;es. On parle souvent d'abolition du travail, de r&#233;appropriation de nos vies et d'une activit&#233; humaine &#224; r&#233;inventer, mais on oublie un d&#233;tail : si nous sommes d'accord pour dire que le travail est un rapport social m&#233;diatis&#233; par le profit et que donc l'abolir signifie bouleverser toute la soci&#233;t&#233;, il faut bien r&#233;aliser qu'il y a un appareil d'Etat qui d&#233;fend par la violence les conditions existantes. Parler de transformation des rapports sociaux (un &#171; emploi diff&#233;rent de la vie &#187;) sans poser la question de l'Etat signifie s&#233;parer un projet possible des conditions concr&#232;tes de sa r&#233;alisation &#8212;' voire contribuer &#224; am&#233;nager ce qui existe. Si l'on ne s'empare pas du temps et de l'espace pour dialoguer sans m&#233;diateurs et changer ainsi les rapports, aucune transformation sociale n'est possible. Or, tout l'espace est aujourd'hui occup&#233; militairement par le capital et par l'Etat. &#171; L'argent &#187; et la &#171; marchandise &#187; sont des concepts qui restent bien abstraits si l'on ne les voit pas en tant que lieux, structures et appareils concrets de contr&#244;le et de domination. Bien s&#251;r ils sont &#233;galement des valeurs, mais impos&#233;es par une vie r&#233;elle de soumission et par des moyens de domestication. &#171; Abolir l'argent et la marchandise &#187; signifie d&#233;truire tout ce qui les concr&#233;tise. Et c'est seulement &#224; l'int&#233;rieur de cette destruction que le dialogue s'arme et que les consciences se transforment. (Comme disait l'autre, on ne peut d&#233;sirer que sur la base de ce qu'on conna&#238;t, et l'on ne conna&#238;t que sur la base de ce qu'on fait). Face &#224; ces pr&#233;tentions pratiques - &#224; cette &#171; immense &#339;uvre de d&#233;molition urgente &#187; - le pouvoir ne peut rester tranquillement &#224; regarder : pour lui c'est la ruine ou la r&#233;cup&#233;ration. Sans abattre l'Etat (au sens strict de gouvernement, magistrature, police, arm&#233;e, etc.) et sans exproprier le capital (en d&#233;truisant ce qui est nuisible et en transformant ce qui est transformable), aucun changement r&#233;el n'est possible. On pourrait nous r&#233;pondre : &#171; La destruction de l'Etat ? C'est pas demain la veille ... &#187;. C'est vrai, mais l'abolition du travail non plus (sauf si l'on croit qu'elle soit compatible avec le capitalisme, mais alors il faudrait s'entendre sur le mot &#171; travail &#187;). Ce que nous voulons souligner est tout simplement le fait que abolition du travail et destruction de l'Etat sont des termes indissociables, th&#233;oriquement et pratiquement. C'est la raison pour laquelle tout le discours porte sur ce qu'il y a &#224; dire et &#224; faire maintenant, et non demain ou apr&#232;s-demain. Sur cette base, les probl&#232;mes changent consid&#233;rablement d'aspect. La r&#233;pression, par exemple, ne peut plus &#234;tre per&#231;ue uniquement comme r&#233;action &#224; ce que nous faisons (chose qui pourrait justifier un discours d'autocensure), mais aussi comme projet et pratique permanents du pouvoir. L'omnipr&#233;sence de la r&#233;pression s'exerce &#224; travers le d&#233;ploiement d'un contr&#244;le toujours plus technologique et subtil, s'immis&#231;ant partout o&#249; le rapport de force (et le consensus lui-m&#234;me est une force) lui laisse la possibilit&#233; de s'immiscer. La r&#233;pression est avant tout r&#233;pression de d&#233;sirs, fabrication de cette marchandise qui contient toutes les autres : la paix sociale. Ce n'est pas la r&#233;volte qui fait augmenter la r&#233;pression, c'est la passivit&#233;. Quelques petites r&#233;flexions au sujet de la m&#233;thode. Le choix de l'objectif d'une action est en lui-m&#234;me une proposition th&#233;orique qui rel&#232;ve d'une analyse et d'un effort de documentation. Ceux-ci constituent la mati&#232;re de discussions collectives. Une analyse globale (et document&#233;e) du travail -dans ses aspects productifs, psychologiques, m&#233;diatiques, etc. - signifie une chose tr&#232;s concr&#232;te : un spectre plus large d'&quot;objectifs auxquels s'attaquer. Une analyse globale d&#233;passe la tendance &#224; toujours privil&#233;gier un champ sp&#233;cifique d'intervention (&#171; Tous ensemble contre les d&#233;tails ! &#187; est le cri de bataille du r&#233;formisme). Pour une intelligence capable de dissocier et de composer continuellement les diff&#233;rents aspects de la domination, la r&#233;volte est partout. &#171; La po&#233;sie consiste &#224; faire des mariages et des divorces ill&#233;gaux entre les choses &#187; (F. Bacon). L'insurrection n'est que po&#233;sie g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Une assembl&#233;e comme celle-ci pourrait &#234;tre, dans ce sens, un v&#233;ritable laboratoire (bien que nous soyons des ennemis d&#233;clar&#233;s du travail). Un &#233;change continu d'informations et de r&#233;flexions est une critique en actes de la hi&#233;rarchie et du racket de la parole. La discussion collective peut transformer les actions de chacun en contribution th&#233;orique et, r&#233;ciproquement, les r&#233;flexions de chacun en possibilit&#233;s d'actions autonomes. Ce qui permet de remettre en question la s&#233;paration entre le penser et l'agir. Entre l'assembl&#233;e et l'organisation/r&#233;alisation des actions. En ce qui concerne les actions, &#233;largir la critique &#224; toute la soci&#233;t&#233; du travail signifie penser diff&#233;remment notre pratique et notre force. Tous ensemble, oui, mais pas forc&#233;ment en m&#234;me temps ni au m&#234;me endroit. Les actions pourraient &#234;tre r&#233;alis&#233;es aussi par des groupes plus restreints (o&#249; les affinit&#233;s sont plus approfondies). Cela permettrait une participation effective de chacun &#224; tous les aspects de l'action (analytiques et techniques), la critique de toute attitude gr&#233;gaire et plus de confiance entre nous (in fine ce sont les flics et les procureurs qui prendront le soin - ou non - de juger de la qualit&#233; de notre po&#233;sie ... ). Cela nous donnerait aussi l'occasion de mieux &#233;valuer les moyens et les formes de l'agir, une plus grande impr&#233;visibili&#233;, la possibilit&#233; d'exp&#233;rimenter une coordination horizontale entre les actions (un f&#233;d&#233;ralisme passionn&#233; et subversif) et celle d'&#233;largir le sens et la force des pratiques. Il en d&#233;coulerait probablement une plus grande richesse de r&#233;flexion de l'assembl&#233;e (principalement en ce qui concerne les m&#233;thodes &#224; employer).&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La r&#233;volte est la rencontre de la l&#233;g&#232;ret&#233; avec la rigueur.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Des insurg&#233;s en qu&#234;te d'insurrection.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jussieu, le 13 mars 1998, d&#233;bat sur l'Etat...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'impatience comme point de vue... (1998)</title>
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		<description>L'impatience comme point de vue exclusif de l'actualit&#233; et volont&#233; abstraite d'efficacit&#233; imm&#233;diate. &lt;br /&gt;La discussion commenc&#233;e vendredi 13 sur l'&#201;tat est fondamentale. Non parce que jusqu'ici nous aurions oubli&#233; la place centrale qu'il occupe dans la soci&#233;t&#233;, mais parce qu'elle permet de parler et de pr&#233;ciser le sens de notre activit&#233; aujourd'hui dans cette soci&#233;t&#233;. Il n'y a plus de mouvement de ch&#244;meurs, s'il y en a jamais eu un, il y a surtout le repositionnement de l'extr&#234;me gauche, de (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;L'impatience comme point de vue exclusif de l'actualit&#233; et volont&#233; abstraite d'efficacit&#233; imm&#233;diate.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;La discussion commenc&#233;e vendredi 13 sur l'&#201;tat est fondamentale. Non parce que jusqu'ici nous aurions oubli&#233; la place centrale qu'il occupe dans la soci&#233;t&#233;, mais parce qu'elle permet de parler et de pr&#233;ciser le sens de notre activit&#233; aujourd'hui dans cette soci&#233;t&#233;. Il n'y a plus de mouvement de ch&#244;meurs, s'il y en a jamais eu un, il y a surtout le repositionnement de l'extr&#234;me gauche, de l'ultra-gauche et de ceux qui veulent en finir avec cette soci&#233;t&#233; de merde sur le terrain de l'exclusion. La constitution, il y a quelques ann&#233;es, du DAL et d'AC ! en est une expression. L'isolement de la grande majorit&#233; des ch&#244;meurs aujourd'hui en est une autre. Apr&#232;s qu'en d&#233;cembre la CGT eut pouss&#233; aux premi&#232;res occupations d'ASSEDIC, avec l'occupation de l'ENS rue d'Ulm et l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale de Jussieu qui a suivi, nous nous sommes engouffr&#233;s &#224; travers la porte entrouverte par les calculs politiques de la CGT autour de la discussion sur les 35 heures. Tous, ils semblent vouloir constituer une esp&#232;ce de syndicat de ch&#244;meurs, c'est-&#224;-dire cloisonner la condition d'assist&#233; et de ch&#244;-meur avec le mis&#233;rabilisme aff&#233;rent. D&#232;s le d&#233;but, nous, nous avons dit que &#171; le probl&#232;me du ch&#244;mage, dans sa formulation pr&#233;sente, est aussi bien celui du travail et plus encore celui .de l'emploi de la vie m&#234;me. 1/ (premier appel de Jussieu) Dans le texte discut&#233; vendredi, &#171; Nous sommes trop jeunes, nous ne pouvons pas attendre 1/, on peut lire : &#171; Parler de transformation des rapports sociaux (un emploi diff&#233;rent de la vieil) sans poser la question de l'&#201;tat signifie s&#233;parer un projet possible des conditions concr&#232;tes de sa r&#233;alisation voire contribuer &#224; am&#233;nager ce qui existe. 1/ Nous ne pensons pas que cette citationait quelque chose &#224; voir avec ce que nous avons entrepris. Parmi nous, personne n'ignore que derri&#232;re le travail on trouve l'appareil &#201;tat et si nous ne posons pas la question dans ces termes c'est parce que chacun sait bien que dans un affrontement direct nous n'aurions m&#234;me pas le temps de dire : ouf ! En fait, notre angle d'attaque est d&#233;termin&#233; par les faiblesses de l'organisation sociale. Le pouvoir, pour poss&#233;der une &#171; l&#233;gitimit&#233; &#187; est tenu d'assurer aux individus qui composent la soci&#233;t&#233;, les moyens de mener une vie &#171; d&#233;cente &#187; et, aujourd'hui, il n'en est plus du tout capable. Du coup il ne peut pas se permettre de r&#233;primer ouvertement ceux qui disent que cette situation ne va pas de soi. Nous &#233;voluons dans l'espace cr&#233;&#233; par cette ambigu&#239;t&#233; de &#201;tat Il n'y a aucun doute sur le fait que, si nous persistons, nous serons confront&#233;s un jour ou l'autre &#224; une r&#233;pression massive de &#201;tat, mais le v&#233;ritable probl&#232;me est de savoir si &#224; ce moment-l&#224; nous aurons tiss&#233; les liens permettant de passer &#224; un stade sup&#233;rieur dans la confrontation. D'autant que notre dynamique nous porte &#224; une situation de double pou-voir et non &#224; une confrontation, et surtout pas au leurre d'une confrontation avec le c&#339;ur de &#201;tat Il ne faut pas mettre la charrue avant les b&#339;ufs : il est compl&#232;tement pr&#233;matur&#233; de dis-cuter d&#232;s maintenant de ce que nous mettrons &#224; la place de &#201;tat L'absence pratique de tout projet historique qui accompagne la modernisation de la domination, de m&#234;me que l'en-semble des mutations de l'organisation sociale cons&#233;cutives &#224; la mondialisation de l'&#233;cono-mie, font que nous ne pouvons pas encore savoir sur quelles bases et dans quel cadre social les hommes peuvent se regrouper dans ce monde en pleine d&#233;composition. La volont&#233; de nous r&#233;approprier nos vies est pour l'heure le maximum que nous puissions affirmer. L'approfondissement de nos positions et l'ensemble des rencontres que nous ferons avec des individus ou des groupes sur celles-ci, sont ce qui peut nous permettre de devenir une force et &#224; partir de l&#224; de participer &#224; l'&#233;mergence d'un mouvement social. C'est seulement dans le cours de l'extension de notre activit&#233; que peuvent appara&#238;tre les formes et les moyens du d&#233;passement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Marc, Pierre, 14/03/1998&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Jussieu, le 13 mars 1998, sur l'&#201;tat&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Interim, AG de Jussieu 1998...</title>
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		<description>INTERIM TU NOUS BRIME INTERIM ON TE CRIME... &lt;br /&gt;A l'heure o&#249; les capitalistes insistent toujours d'avantage pour faire de chacun-e de nous une marchandise disponible &#224; n'importe quel prix, les requins se font aujourd'hui concurrence pour s'approprier la vie des gens en plus de leur force de travail. D'un c&#244;t&#233; les entreprises imposent une flexibilit&#233; toujours plus grande pour utiliser et jeter les gens en fonction de leurs besoins , de l'autre les boutiquiers du travail (agences d'int&#233;rim, (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;INTERIM TU NOUS BRIME
INTERIM ON TE CRIME...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;A l'heure o&#249; les capitalistes insistent toujours d'avantage pour faire de chacun-e de nous une marchandise disponible &#224; n'importe quel prix, les requins se font aujourd'hui concurrence pour s'approprier la vie des gens en plus de leur force de travail. D'un c&#244;t&#233; les entreprises imposent une flexibilit&#233; toujours plus grande pour utiliser et jeter les gens en fonction de leurs besoins , de l'autre les boutiquiers du travail (agences d'int&#233;rim, entreprises d'insertion) qui leur vendent des humains enregistrent des profits suppl&#233;mentaires su ce march&#233; aux esclaves. Licenci&#233;s, gal&#233;riens du quotidien, personnes en mal de liquidit&#233;s, tous ceux qui un jour poussent la porte de ces charognards de la mis&#232;re sont aussit&#244;t mis en coupe :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lavienestpasun.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; listes noires de ceux qui ne reviennent pas agents d'accueil
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lavienestpasun.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; listes noires des entreprises qui refusent ceux qui ne sont pas suffisamment dociles
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lavienestpasun.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; &#233;limination de ceux dont la couleur de la peau ne convient pas &#224; l'employeur
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.lavienestpasun.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-68c92.gif&quot; width='8' height='11' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' class='' /&gt; exploitation maximale (horaires, salaires, conditions, lieu) qui brisent les r&#233;sistances possibles de ces journaliers qui n'ont rien d'autre &#224; offrir qu'un co&#251;t inf&#233;rieur &#224; celui des autres travailleurs. transforment l'humain en marchandise, mais il font de plus preuve de z&#232;le en devan&#231;ant leurs d&#233;sirs, &#233;liminant &#224; leur place les travailleurs qui ne rentre pas dans le cadre de l'exploitation docile, tout en se gargarisant de faire &#339;uvre utile : le travail comme socialisation et r&#233;insertion !!
Le jour o&#249; la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;ouverture de camps de travail se fera pourtant sentir pour ceux qui tiennent avant tout &#224; pr&#233;server la paix sociale, ce sont les m&#234;mes qui trieront les bons et les mauvais pauvres, ceux qui sont aptes &#224; crever pour le Capital et ceux qui n'ont vaudrons plus la peine.
Si nous nous attaquons &#224; ces nombreuses ordures organis&#233;es, c'est justement parce que nous refusons &#224; la fois la mis&#232;re salari&#233;e et ceux qui en font leur gras. Contre les vautours du salariat, organisons nous pour que le ch&#244;mage de masse ne soit plus pour eux l'occasion de fabriquer des esclaves mais pour que l'activit&#233; de ces nuisibles cesse d&#233;finitivement.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale chaque jour (sauf Week-end) &#224; Jussieu &#224; partir de 18h. (1998&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>



	<item>
		<title>R&#233;cit de la balade du vendredi 13 mars 1998</title>
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		<description>R&#233;cit de la balade du vendredi 13 mars 1998 &lt;br /&gt;Comme d'habitude, le parvis de Jussieu n'est gu&#232;re accueillant : b&#233;ton gris et ciel plomb&#233;, mais les sourires du groupe qui s'&#233;toffe nous r&#233;chauffent, et nous voici bient&#244;t 40-50 (Source : INSEE). Comme il avait &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; la veille &#224; l'assembl&#233;e, nous accaparons une salle pour discuter du d&#233;roulement des r&#233;jouissances. Des copains exposent leurs propositions pour cette journ&#233;e de balade, celles-ci sont d&#233;battues par les complices du jour. Pour (...)


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;R&#233;cit de la balade du vendredi 13 mars 1998&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Comme d'habitude, le parvis de Jussieu n'est gu&#232;re accueillant : b&#233;ton gris et ciel plomb&#233;, mais les sourires du groupe qui s'&#233;toffe nous r&#233;chauffent, et nous voici bient&#244;t 40-50 (Source : INSEE). Comme il avait &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; la veille &#224; l'assembl&#233;e, nous accaparons une salle pour discuter du d&#233;roulement des r&#233;jouissances. Des copains exposent leurs propositions pour cette journ&#233;e de balade, celles-ci sont d&#233;battues par les complices du jour. Pour prolonger l'intervention de mardi au congr&#232;s &#171; convergences Entreprises-&#201;tudiants &#187; qui s'est tenue &#224; Jussieu, nous d&#233;cidons d'aller signifier aux boites d'int&#233;rim (Manpower en t&#234;te) la col&#232;re que suscitent ces charognards de la mis&#232;re, qui exploitent effront&#233;ment les pauvres sur la rengaine : &#171; du travail &#224; tout prix ! &#187;. Un tract pr&#233;par&#233; &#224; cet effet est lu, et en attendant, nous nous dirigeons vers la cantine de l'INSEE pour nous restaurer, munis d'un autre tract sp&#233;cialement &#233;crit &#224; l'attention des statisticiens. Direction le m&#233;tro, que nous empruntons - comme &#224; l'accoutum&#233;e - sans bourse d&#233;lier.
M&#234;me physiquement, l'INSEE est d'aspect lugubre : une aust&#232;re tour de b&#233;ton en bordure du p&#233;riph', qui couvre &#233;galement l'&#233;cole dressant les futurs statisticiens, l'ENSAE.
Nous franchissons sans encombres le sas d'entr&#233;e, mais notre arriv&#233;e ne passe pas inaper&#231;ue : le vigile de service nous demande sur l'ordre de qui nous agissons ! Ce que c'est que d'&#234;tre aux ordres ! L'id&#233;e qu'on puisse se d&#233;terminer par nous-m&#234;me ne l'a m&#234;me pas effleur&#233;... Pendant que cinq d'entre nous vont dans les &#233;tages pour photocopier les tracts aux habitu&#233;s du lieu, nous p&#233;n&#233;trons dans le restau. Les employ&#233;s nous servent d'abord sans rechigner ; C'est aux caisses qu'ils comprennent notre refus des rapports marchands - mais devant le fait accompli et notre d&#233;termination souriante, le responsable de la restauration intervient pour nous laisser passer.
Par rapport aux autres cantines o&#249; nous nous sommes invit&#233;s, ce qu'il nous est donn&#233; de manger n'est pas trop mauvais - Du coup, certains d'entre nous songent &#224; d&#233;cerner les &#233;toiles du Ch&#244;melin. De l'avis g&#233;n&#233;ral, la cantine du Monde vient en t&#234;te, suivie de celle de l'INSEE. Trois tracts sont largement distribu&#233;s : &#171; La soci&#233;t&#233; dont vous &#234;tes le h&#233;ro... &#187; (d&#233;j&#224; diffus&#233; lors de l'action de mardi), &#171; Avis &#224; tous &#187; (appel de fonds pour le CAMI) et surtout &#171; les ch&#244;meurs vous parlent &#187;, qui s'adresse directement aux employ&#233;s de l'INSEE : il expose les raisons de notre pr&#233;sence dans cette administration et chair et en os, et non plus sous forme de chiffres.
Les conversations s'engagent tant bien que mal avec nos commensaux du moment. Dans l'ensemble, les r&#233;actions au texte sont assez outrag&#233;es, mais il est vrai qu'il s'en prend abruptement &#224; la fonction sociale que remplissent &#171; en toute innocence &#187; les salari&#233;s de la statistique. Les premiers &#224; monter au cr&#233;neau sont les syndicalistes. Comme d'hab, ils noient le poisson sous des consid&#233;rations tactiques et politicardes : &#171; vous vous coupez des gens avec de tels papiers, ici nous on veille au grain &#187;, etc. Un salari&#233; affirme &#224; ses coll&#232;gues : &#171; Ca ne peut &#234;tre que des ch&#244;meurs d'extr&#234;me droite !
Avec certains &#233;tudiants, la conversation est moins inepte. Ayant lu tract, l'un d'eux d&#233;clare, l'air emmerd&#233; : &#171; c'est un peu dur, mais c'est juste. Mais si je suis d'accord avec &#231;a, alors je n'ai plus de raison d'&#234;tre ici ! &#187;. Puis il rejoint ses cong&#233;n&#232;res. Quelques uns, qui ne se destinent pas &#224; faire carri&#232;re dans la maison, pensent que les statistiques ne sont pas forc&#233;ment quelque chose de mauvais en soi. Ce &#224; quoi on leur r&#233;pond que pour l'heure ce domaine est entre les mains de l'Etat et des patrons, qu'il n'est jamais neutre, qu'il sert toujours le m&#234;me but, et que nous en faisons personnellement les frais, nous et des millions d'autres.
Ce seront les th&#232;mes r&#233;currents de la plupart des discutions engag&#233;es au restau, qui se poursuivent &#224; la caf&#233;t&#233;ria, o&#249; nous nous retrouvons tous &#224; siroter des caf&#233;s offerts par des serveuses fort pr&#233;venantes. L&#224; encore, les gens avec qui nous bavardons s'indignent qu'on puisse remettre en cause le r&#244;le social qu'ils assument dans leur activit&#233; particuli&#232;re. Beaucoup ne peuvent concevoir que cette activit&#233; est propre au monde qui se fait sur notre dos - et sur le leur par la m&#234;me occasion -, et sa n&#233;cessit&#233; leur semble &#233;vidente, alors qu'elle nous para&#238;t &#233;minemment discutable. Un cadre veut bien admettre que des abus existent, mais il se targue de ne pas laisser passer de &#171; mauvais chiffre &#187;, de les corriger et d'intervenir pour que &#231;a ne se reproduise pas. On fait remarquer que malgr&#233; sa bonne volont&#233; et quelque soit son poste, il ob&#233;it &#224; la hi&#233;rarchie, et en fin de compte &#224; une logique sociale dont il est partie prenante. ! Nous tentons de lui faire comprendre que c'est cette logique l&#224; qui d&#233;termine l'existence en nombre des ch&#244;meurs et du travail salari&#233;. Sans suite... Ailleurs, une salari&#233;e fait preuve de curiosit&#233; : elle nous demande si nous entendons changer le monde, et combien nous sommes. On lui explique que pour l'instant nous sommes entre 60 et 250 &#224; nous r&#233;unir quotidiennement dans un amphi de Jussieu pour discuter de tout, ou presque. &#171; &#199;a &#187; ne va pas avec ses go&#251;ts, dit-elle, et elle ajoute : &#171; mais &#231;a me renverse ! &#187; Rien d'&#233;tonnant, quand on songe &#224; quoi les destine leur formation... Bon, les palabres tournent en rond, il est temps de prendre cong&#233; de nos &#171; h&#244;tes &#187; et d'aller porter ailleurs notre sens de la contradiction.
***
***&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Il nous faut &#224; pr&#233;sent rassembler les immondices n&#233;cessaires &#224; la constitution du troph&#233;e que nous avons choisi de d&#233;cerner lors de l'&#233;tape suivante. Quelques un partent s'approvisionner sur le march&#233; de Belleville, tandis que nous rejoignons le m&#233;tro, attentifs &#224; la pr&#233;sence d'&#233;ventuelles poubelles. Paris est d&#233;cid&#233;ment une ville &#171; propre &#187; : toute trace de vie y est &#224; ce point honnie que m&#234;me les d&#233;tritus sont dissimul&#233;s au regard et au nez du passant, et ce au prix d'un fonctionnement &#224; flux tendus des services de la voirie. Chemin faisant, nous tombons cependant sur quelques poubelles oubli&#233;es, d'ailleurs assez adapt&#233;es &#224; notre objectif puisqu'ils s'agit des rebus des &#171; Restaus du c&#339;ur &#187;, donc les d&#233;chets de la lie de la soci&#233;t&#233; de consommation. Ainsi pourvus de substantielles munitions, et assur&#233;s de faire &#339;uvre humanitaire, nous nous acheminons vers &#171; les beaux quartiers &#187;.
Nous retrouvons au M&#176; Malesherbes les copains qui rapportent de Belleville des monceaux de victuailles putrides. Ils nous racontent qu'en cette fin de march&#233;, une Cr&#233;ole s'&#233;tait d'abord &#233;tonn&#233;e de les voir ne ramasser que les produits les plus avari&#233;s, mais qu'elle par s'	exclamer, rigolarde : &#171; Ah, je vois : vous allez faire du bruit chez le ministre ! &#187; Nous nous r&#233;partissons les sacs d'ordures, et voici qu'&#224; travers les rues aseptis&#233;es de ce quartier, s'&#233;branle en file indienne une trentaine d'individus charg&#233;s d'immondices exhalant des miasmes naus&#233;abonds Le regard abasourdi des rares &#234;tres humains que nous croisons ne laisse planer aucun doute sur le caract&#232;re mals&#233;ant du joyeux cort&#232;ge qui circule ces immeubles de rapports vou&#233;s aux transactions feutr&#233;es.
Notre irruption dans le si&#232;ge social de Manpower s'effectue sans anicroche : nous d&#233;boulons en horde dans le hall, o&#249; le gardien interloqu&#233; n'en m&#232;ne pas large. Un torrent de l&#233;gumes pourris, d'&#339;uf, de d&#233;tritus divers, est d&#233;vers&#233; dans ces lieux sinistres. Alert&#233; par nos vocif&#233;rations, un cadre a la malencontreuse id&#233;e d'entre bailler la porte de son bureau ; il est aussit&#244;t pris pour cible et effectue une retraite pr&#233;cipit&#233;e. L'action est tr&#232;s br&#232;ve : &#224; peine 1 mn pour joncher d'ordures le hall de Manpower, ces n&#233;griers des temps modernes.
Il est un peu plus de 16h : nous gagnons la place de la R&#233;publique. R&#233;partis en deux groupes, un de chaque c&#244;t&#233; du Bd de Magenta, nous allons rendre visite aux nombreuses agences d'int&#233;rim qui s'y trouvent, pour rendre publique notre action contre Manpower.
Nous commen&#231;ons par distribuer sagement le tract &#171; Int&#233;rim, tu nous brime, int&#233;rim, on te crime &#187; aux travailleurs venus chercher la paye de la semaine. Puis, au fil des agences, nous improvisons nos interventions : prise &#224; partie des employ&#233;s ou du g&#233;rant, destruction de panneaux d'offres d'emploi, auxquels nous substituons dans les vitrines tracts et affiches tout chauds photocopi&#233;s &#224; la barbe des secr&#233;taires. L'une des n&#244;tres est entra&#238;n&#233;e &#171; de force &#187; dans une de ces officines de vente de chair &#224; travail par deux ou trois, qui lancent aux employ&#233;s : &#171; faites la travailler pour des clopinettes, cette feignante ! C'est ma s&#339;ur... On a rien trouv&#233; de mieux pour la punir ! &#187; Elle se d&#233;bat en hurlant : &#171; Non ! Non ! Je ne veux pas travailler ! &#187; Tout cela au milieu des int&#233;rimaires m&#233;dus&#233;s et ravis.
Plus loin, l'un de ces maquereaux cherche &#224; d&#233;fendre son commerce en jouant au petit coq, mais &#224; trente contre un, l'incident tourne court. Apr&#232;s une trentaine d'incartades, nous finissons par une agence Manpower, dans laquelle nous &#233;teignons toutes les lumi&#232;res et commentons &#224; baisser le store, en disant :
&#171; On ferme, c'est la fin du travail. &#187;
C'est maintenant l'heure de retourner &#224; Jussieu pour l'assembl&#233;e ; d'ailleurs&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;NOUS CONVIONS CHACUN A SE JOINDRE A L'ASSEMBLEE QUI SE TIENT TOUS LES JOURS (sauf samedi et dimanche) A LA TOMBEE DE LA NUIT DANS UN AMPHITHEATRE (indiqu&#233; &#224; l'entr&#233;e) DE L'UNIVERSITE DE JUSSIEU.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;spip&quot;&gt;Manuscrit &#224; l'origine. 1998.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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